Le blog d'Eve Sandoval déchire. Et c'est sur cette plateforme... Ici
Bon moi, çà fait longtemps que j'ai plus rien écrit parce que j'ai honte et pas d'idée. En même temps hier, en relisant quelques uns de mes fils rss, je me suis dit est-ce qu'il faut vraiment des idées pour écrire sur un blog. Je pourrais leur coller un enième slide ou un film de Debord... Ils en auraient rien à foutre... Mais bon.
Et encore qui le lira. J'admire le côté vie intérieure exposé mais je le réserve à mes carnets noirs depuis mes quinze ans. Des salles carnets à spirales de mes quinze ans qui sont devenus des petits carnets d'intellectuels (oui, celui de Bruce Chatwin et d'Hemingway, vous aussi vous allez à la fnac). Une écriture bien serrée qui vise à recouvrir toute la page de signe trés trés serré, des notes, des impromptus, des ébauches d'histoires et des poésies avortées. Il faut bien admettre que mon approche de la fiction si elle ne pue pas encore la haine de soi, sent le foutre rance et renfermé des années d'adolescence. J'aurai honte d'infliger à un lecteur quelqu'oncque, comme toi O ami de passage sur ce blog ou sur cette terre, une telle vision de mes entrailles et de la guerre de tous contre tous que j'entreprenais de me livrer à moi-même.
Mais bon... je dois revenir là-dessus, j'ai lâché d'écrire, il y a un peu plus d'un an, et j'y suis revenu péniblement en redécouvrant le principal moteur de cet acte. Une cure à mon anxiété. Non pas, le fait de mettre des scènes et d'élaborer des fictions par écrit, mais bien le fait de griffonner à en perdre le langage. Les griffonnements continuent et la concentration dissippe cet état naturel anxieux qui m'accompagne au quotidien. La culpabilité s'évanouit pour quelques heures. Je redeviens occuppé et investit de moi.
Une de mes grosses erreurs a été une
incompréhension d'une maxime de Céline : en bref, je
croyais que pour bien écrire, on devait forcément
écrire avec ses tripes. Faux. Mes tripes tout le monde s'en
fout. Je comptais m'en servir pour simuler la tripe, mais
çà aussi çà a foiré. Ma seconde
erreur a été de croire que "ce qui ne tuait pas
rendait plus fort". Pourtant on m'avait dit à la fac de
lettres "Omnes vulnent, ultima necat." J'ai essayé de mettre
tout çà en perspective. J'ai pas trés bien
réussi... Mais enfin si tu es là aujourd'hui et que
tu cherches une histoire, t'es bien tombé. Je raccourcirai
peut-être des passages. J'ai pas envie de te raconter ma vie.
C'est pas pour rien que je porte un masque... mais on va dire que
c'est une histoire qui est arrivé à un trés
bon ami à moi... et que ce trés bon ami à moi,
me l'a raconté un matin en sortant d'un bar qui s'appellait
le Polly Magoo (pas ce Polly Magoo là... l'autre celui
d'avant). Le soleil se levait et on était enivré de
vie et de bière et de toutes ces périphrases faciles
qu'on trouvait dans les mauvais polars qu'on corrigeait à
l'époque. On s'est posé en face de Notre Dame pour
ressasser les épisodes de notre jeune camaraderie. Nous
allions tout les deux devenir des jeunes auteurs éminemment
connus, moi, grâce "tenebris muliebrum", une critique sociale
mordante des moeurs adolescente de la classe moyenne sous la forme
d'un slasher en forêt et lui, grâce à un
récit, de dark cyberpunk japonais chantant les vertus du
néo-libéralisme.
Je me souviens d'avoir vu ce gars alors ou alors ces
cheveux roux, en premier. Un petit mec allongé par terre, la
tête rentrée dans un blouson demi saison qui dormait
la face contre le sol. On s'est rapproché un peu
gênés. J'avais toujours jusqu'alors
limité mes contacts au maximum avec les gens qui dormaient
dans la rue. Leurs manière insistante de demander de
l'argnet me mettait mal à l'aise. Le fait que certains
soient atteints conjointement de handicap physique et de tares
psychologiques profondes me faisaient peur. La compagnie des
manchots et des psychotiques m'est déplaisante. Les
handicapés physiques et les schizophrènes
m'inquiètent et me font peur. Je ne veux pas faire de
discriminations dans mon court récit - il est
pratiquement terminé -juste vous expliquer comment mes
réactions plutôt vive à l'idée de
réveiller quelqu'un qui dormait dans la rue pour lui offrir
le petit déj au café, ont été ont
été déjouée par mon pote. Comment je me
suis retrouvé à escorter prendre un café un
type qui avait le visage strié de griffures. Comment
je me suis assis avec lui et commandé un café un pain
au chocolat pendant qu'il me tentait en tremblant de me raconter
son parcours.
Grossièrement mon ami à jouer sur mon
orientation politique opposé à la sienne quand je me
suis détourné de la loque dans la rue, il a fait
valoir que si on faisait rien, les seuls habilités à
s'en occupper était soit les gendarmes soit les
curés. Je suis tombé dans le panneau, et trois quart
d'heure après je me supportais ce poids (et croyez moi un
vieux poivrot, même malingre, çà pèse un
âne mort).
Un peu après son deuxième café, Lans nous
racontait ses diffilcutés tant bien que mal. Hélas,
nous ne parlions pas trés bien aussi... Assez pour savoir
que ce mec était revenu en France pour tuer Danny Boon qui
avait nuit au développement du croyais-je... Jusqu'à
ce que le gars nous lance un nouveau défi, nous ne pouvons
rien faire.




