J'avoue je me suis endormi à la fin du poste apocalyptique
qui racontait une jeunesse qui se voulait folle et un peu
rassurante... Un post un peu folie avec des adresses au lecteur en
veux-tu en voilà et du style bien chaud bien parisien bien
gouailleur comme on en fait plus... On avait dit qu'on repeignait
la maison avec des adjectifs comme chamarré ou
multicolore... trêve de décharge. J'ai
rencontré ce soir là un mec qui était clochard
et visiblement handicapé et qui voulait que je lui donne mon
numéro pour devenir le nouveau Danny Boon. A l'époque
Danny Boon était assez anecdotique... C'était il y a
une dizaine d'année et pendant qu'il jouait au point virgule
ces numéros de clowns attardé attachant - respect aux
gens du Nord, mais à l'époque on savait pas vraiment
que c'était régional et les Deschiens trustait le
devant de la scène des numéros de consanguins
alcooliques. - Kad finissait des animations biactol pour Oui FM au
Globo -Rock'n Roll Circus - et lâchait son job de garde
chiourme insomniaque pour rentrer dans la vie active du
show-business sur l'air de pour moi la vie va commencer... Et bien
alors que ces deux-là rentraient de plein pied dans la
maturité de leur Art, le mec roux s'agrippait à ma
manche pour me demander de l'aider à les y rejoindre, de lui
lâcher une tournée, une salle n'importe quoi...
Même un one shot à la classe (célèbre
émission de chansonnier de la fin du XXe siècle
animé par Fabrice, remplacé dans le courant des
années 90 par les Guignols de Bruno Gaccio). J'ai pas saisi
ma chance de producteur ce soir-là, mais je pense que
çà a été un appel. Comme une rencontre
avec quelque chose que je reverrai jamais de vie. Avec les
années qui passent, je me dis que je suis passé
à côté du talent comique du XXie siècle
qu'il est peut-être mort de froid dans la rue et que d'une
certaine manière c'est ma faute. C'est çà la
culpabilité dont je vous parle. Le poids des trucs que je
sens comme raté et qui jonche tout le long de mon petit
chemin de vie. C'est pas seulement les livres que j'ai pas
écrit (çà serait trop mesquins) mais tout ceux
que j'ai pas fait paraître, tous les auteurs en herbe que
j'ai dégoûté d'écrire par mes remarques
puantes et condescendantes, tous ces stagiaires que j'ai
empêché de vivre, tout les amis à qui j'ai
craché tout les mois à la gueule des feuillets
incomplets, les balbutiements avortés de fiction tués
dans l'oeuf. On se sort jamais des problèmes de celui qu'on
est pas. On parlera désormais beaucoup d'estime de soi et
d'auto-dépréciation. On emploiera avec un à
propos relatif les termes baudelairien, intraséquement et
héautontimoroumenos. Encore une anecdote, ou une partie pour
parler du blog, de moi de vous... Le même soir nous avions
passé dans un bar que j'apprendrai à connaître
quelques années plus tard. Les années d'apprentissage
de l'alcoolisme. Je me souviens encore de mettre fait traîner
dehors par cette ami qui ne supportait pas mes autres camarades de
lycée qui fêtait la fin du bac. Chaque semaine du bac
de mes années d'après j'ai vu dans cette rue les
mêmes scènes dramatiques se rejouer, se superposant
les unes sur les autres... Remontant encore et encore l'anecdote
séminalement baudelairienne du quartier et ses ouvriers qui
s'entre-appuyaient sur les côteaux de la Montagne Ste
Geneviève. Si vous avez pas, vous pourriez par exemple
consulter "Du Vin et du Haschisch." Moi je vais dormir.
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Date de création : 09/03/07 Dernière mise à jour : 21/07/08 23:21 / 76 articles publiés