Accueil Date de création : 09/03/07 Dernière mise à jour : 21/07/08 23:21 / 76 articles publiés

L'homme qui valait que dalle...  posté le samedi 17 mai 2008 00:19

rab

J'avoue je me suis endormi à la fin du poste apocalyptique qui racontait une jeunesse qui se voulait folle et un peu rassurante... Un post un peu folie avec des adresses au lecteur en veux-tu en voilà et du style bien chaud bien parisien bien gouailleur comme on en fait plus... On avait dit qu'on repeignait la maison avec des adjectifs comme chamarré ou multicolore... trêve de décharge. J'ai rencontré ce soir là un mec qui était clochard et visiblement handicapé et qui voulait que je lui donne mon numéro pour devenir le nouveau Danny Boon. A l'époque Danny Boon était assez anecdotique... C'était il y a une dizaine d'année et pendant qu'il jouait au point virgule ces numéros de clowns attardé attachant - respect aux gens du Nord, mais à l'époque on savait pas vraiment que c'était régional et les Deschiens trustait le devant de la scène des numéros de consanguins alcooliques. - Kad finissait des animations biactol pour Oui FM au Globo -Rock'n Roll Circus - et lâchait son job de garde chiourme insomniaque pour rentrer dans la vie active du show-business sur l'air de pour moi la vie va commencer... Et bien alors que ces deux-là rentraient de plein pied dans la maturité de leur Art, le mec roux s'agrippait à ma manche pour me demander de l'aider à les y rejoindre, de lui lâcher une tournée, une salle n'importe quoi... Même un one shot à la classe (célèbre émission de chansonnier de la fin du XXe siècle animé par Fabrice, remplacé dans le courant des années 90 par les Guignols de Bruno Gaccio). J'ai pas saisi ma chance de producteur ce soir-là, mais je pense que çà a été un appel. Comme une rencontre avec quelque chose que je reverrai jamais de vie. Avec les années qui passent, je me dis que je suis passé à côté du talent comique du XXie siècle qu'il est peut-être mort de froid dans la rue et que d'une certaine manière c'est ma faute. C'est çà la culpabilité dont je vous parle. Le poids des trucs que je sens comme raté et qui jonche tout le long de mon petit chemin de vie. C'est pas seulement les livres que j'ai pas écrit (çà serait trop mesquins) mais tout ceux que j'ai pas fait paraître, tous les auteurs en herbe que j'ai dégoûté d'écrire par mes remarques puantes et condescendantes, tous ces stagiaires que j'ai empêché de vivre, tout les amis à qui j'ai craché tout les mois à la gueule des feuillets incomplets, les balbutiements avortés de fiction tués dans l'oeuf. On se sort jamais des problèmes de celui qu'on est pas. On parlera désormais beaucoup d'estime de soi et d'auto-dépréciation. On emploiera avec un à propos relatif les termes baudelairien, intraséquement et héautontimoroumenos. Encore une anecdote, ou une partie pour parler du blog, de moi de vous... Le même soir nous avions passé dans un bar que j'apprendrai à connaître quelques années plus tard. Les années d'apprentissage de l'alcoolisme. Je me souviens encore de mettre fait traîner dehors par cette ami qui ne supportait pas mes autres camarades de lycée qui fêtait la fin du bac. Chaque semaine du bac de mes années d'après j'ai vu dans cette rue les mêmes scènes dramatiques se rejouer, se superposant les unes sur les autres... Remontant encore et encore l'anecdote séminalement baudelairienne du quartier et ses ouvriers qui s'entre-appuyaient sur les côteaux de la Montagne Ste Geneviève. Si vous avez pas, vous pourriez par exemple consulter "Du Vin et du Haschisch." Moi je vais dormir.

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